Que l’année 2017 vous soit bonne !

Sequenza – compo Anaïs

Mais, 2017 c’est aussi les 100 ans de la Révolution d’Octobre ! Et….
Bonne visite sur ce site

 

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Marianne *

Un autre monde (compo Anaïs)

*Marianne :  surnom de la République française, représentée par un buste de femme coiffée d’un bonnet phrygien. Ce surnom apparut pour la première fois en 1792
(in : Larousse)

Marianne, ma sœur
mon égale
libre et fraternelle,
penchée à la fenêtre
de notre tour d’ivoire
ne vois-tu rien venir
sur l’horizon
poudroyant de poussière

Non, je ne regarde pas,
Je ne veux pas savoir

Marianne,
des hommes et des femmes viennent à notre rencontre
Ils ont quitté leurs villes, leurs villages ou leurs terres
décimés par les famines ou par les guerres
Ils ont marché avec obstination
mais leurs enfants sont allongés
sages et bien coiffés
sous un linceul de cendres et de vagues

Non
Ne le soulève pas
Je ne veux pas les voir
Je ne veux pas y croire

Marianne, ma sœur et mon égale
Chassés, ils fuient, et s’ils se battent
c’est pour vivre et aimer
sauver leur peau,
sortir de la nuit et déployer leurs forces
Enfants encore mais si vieux d’avoir tant enduré
Leur parole bafouée, ils doivent supporter
un accueil suspicieux et des tests perfides

Non, non
ne me les montre pas
Je ne veux pas que la honte
jette sur moi son voile

Marianne,
leurs griots les racontent,
leurs poètes chantent leurs sagas
Entends-tu leurs récits ?
Il était une fois un père et une mère
que l’infortune poursuivait
Ils firent venir leurs enfants
et leur parlèrent ainsi
Toi mon fils, mon âme, mon enfant
nos mers sont vides de poissons
nos terres ne donnent plus, asséchées ou muettes
ou sont vandalisées.
Tu partiras de par le vaste monde
offrir ta vie à d’autres que les tiens
élever les murs de villes étrangères
ramasser d’autres fruits, sarcler d’autres terres

Toi, ma fille, la perle de ma vie
ne te retourne pas
ton enfant dort contre mon sein
Va-t’en veiller au-delà de la mer
sur d’autres vieilles que moi
sur des enfants qui ne sont pas le tien
Pour nous, pour nos petits, pour ta désolation

Fuis, mon enfant !
Tu es notre avenir, fuis !
Ailleurs est le nom de ton nouveau pays
Fuis, tant qu’il est encore temps !
Un jour nous serons réunis
si dieu le veut, ici ou là
s’il retrouve nos âmes
au milieu des gravats

Une barque vous attend sur la rive
les tempêtes aussi et la main du passeur
qui réclame son dû
et les gardes des côtes que vous allez atteindre
Quand nous reverrons-nous ?
Nos yeux ne savent pas le lire,
ces pays trop lointains
emplissent nos visions de nuages épais

Marianne,
ils sont tous différents, nulle histoire identique
ils franchirent les collines, les déserts et les mers
Rien, douleurs, épreuves, injustes châtiments
ne leur fut épargné, mort et brutalité
Aucun talisman ne put les protéger.
Notre verre est plein d’un vin amer
C’est pourtant nous qui l’avons fait mûrir

Non
Non, ne me raconte pas
Je ne veux pas comprendre

Sous le fard asséché qui craquelle,
le temps ralentit et se fige
nos gestes s’amenuisent
même respirer est oppressant
Notre tour se fissure et s’ébranle.
Sur nos frontières hérissées
ils butent, et pourtant
ils ont l’espoir et nous sommes l’oubli

Or la mémoire est une sève vive
qui pousse vers le ciel
la volonté farouche d’arbustes de combat
Ils réclament de penser, d’agir et de rêver
sans vivre dans la peur
Sous les murs et sous les barbelés
ils lancent des rhizomes, des treillis de racines
les forêts de demain, forêts de liberté

Mais les forêts, Marianne,
sont lentes à pousser
l’eau manque, et la pensée
et les bras pour construire
Tu te dis libre et fraternelle
Ces mots gisent à nos pieds
Ramasse-les, insuffle-leur la vie
Retrouve ton chemin !

© Aliette Zumthor, Paris

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Ecouter – Collecter – Composer

La première étape consiste d’abord à écouter « avant de tendre un micro, il faut tendre l’oreille » (in : L’écoute du monde, contribution de Cécile Regnault – Cartes postales sonores, Ed. Lucie éditons). Se promener, analyser le paysage sonore, mais aussi pouvoir se trouver sur les bons lieux au bon moment. Tendre l’oreille, c’est se laisser aller aux univers sonores les plus originaux que possibles. Saisir les atmosphères.

Puis, la deuxième étape est la récolte, micro tendu vers les lieux caractéristiques choisis. Lors de la prise de son, un tri est fait, parfois un montage sur papier est nécessaire permettant de faire une analyse « in situ ». Capter la ville offre d’infinies possibilités, le paysage sonore variant constamment, la récolte peut s’avérer très problématique aussi, mais être à l’affût d’une sonorité, d’une atmosphère particulières reste fondamental.

Troisième étape : la composition. La prise de son offrant un choix assez considérable, il s’agit de faire un tri, de mettre en « image sonore » les éléments récoltés, que privilège-t-on ? Difficile question à laquelle il n’y a pas toujours les bonnes réponses. Il faut inventer, « re-composer une carte postale sonore de l’unité auditive paysagère identifiée précédemment en inventant une forme sonore très lisible » (in : C. Regnault « L’écoute du monde »). Et, surtout, il faut la rendre « lisible » au public. Cette « re-composition », passe aujourd’hui, aussi,  par l’ordinateur, devenu un outil incontournable, qui permet de livrer une image sonore, parfois un peu transformée et imaginaire.

Pour plus d’informations : La lecture de l’ouvrage, « L’écoute du monde », édité en 2015 (Lucie Editions, Nîmes) peut s’avérer très utile, car les nombreuses contributions proposent aussi bien l’analyse de l’écoute paysagère que de l’environnement sonore, de l’architecture.

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Des roses et du pain

Granulator – compo Anaïs

1er mai 2016….et, la paix pour cette planète où les civils sont si mal traités, car…., comme le dit l’extrait de la chanson ci-dessous, interprétée – entre autres – par Yves Montand :

« Tant qu’y aura des militaires,
soit ton fils, soit le mien,
On n’ verra, par tout’ la terre,
Jamais rien de bien !
On te tuera pour te fair’ taire,
Par derrière, comme un chien;
Et tout ça pour rien ! (bis) »

paroles Rosa Holt, musique Henri Goublier, fils (1935)

Belle journée à toutes et tous.

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Est-ce ainsi que les hommes vivent (L. Aragon)

Petit florilège, non exhaustif, de choses lues et entendues…

«Les cours des fabricants d’armes sont en hausse aux Etats-Unis, comme en France» (Rue89, nov. 2015).

«Les attentats tuent des civils, les guerres aussi». (Monde Diplomatique, déc. 2015)

Entendu sur FR5 : Après 12 ans de torture, d’anciens prisonniers de Guantanamo ont été dispersés au Kazakhstan, leur prison n’a fait que changer de surface.

«Le chômage, en France, entraîne la mort de 15’000 personnes par année. Qui est responsable ? » (La-bàs, si j’y suis, 2015)

….etc, etc, et libre à vous de poursuivre ce florilège !

Bonne visite sur ce site et ne manquez pas la page « Musique », il y a du nouveau : le petit dernier, « Les minimalistes » est une création de novembre 2015.

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Qui est Roland Topor ? (1938 – 1997)

A la fois peintre, illustrateur, cinéaste, acteur, écrivain, réalisateur d’émissions de télévision et de radio. Cela fait beaucoup pour un seul homme. A la radio, il est l’un des protagonistes de l’émission « Des papous dans la tête » de France Culture. A la télévision, il réalise, en 1983, une émission pour enfants, « téléachat ». A titre posthume il a été nommé, le 21 avril 2001, « Satrape » du Collège de Pataphysique. « Satrape » : qui ne se soumet à aucune règle….ce qui devait lui aller comme un gant.

Au cours de sa vie protéiforme, il trouve encore le temps de publier de nombreux romans, des nouvelles, maniant l’humour noir et corrosif, comme l’atteste, entre autres,
ses « Mémoires d’un vieux con » publié en 1975. Cet ouvrage a connu, ensuite, plusieurs rééditions dont la plus récente connue en 2011 (Ed Wombat).

Au cours du week-end de Portes ouvertes d’ateliers d’artistes et d’artisans, à La Chaux-de-Fonds, Ana Göldin en lira quelques extraits au studio-domicile d’Anaïs, le samedi et dimanche 1er novembre.

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Mémorial de l’Ile Noire

Pourtant le jour fut courageux:
avec un couteau d’or il ouvrit l’ombre
la discussion entra, elle roula
comme une roue sur la lumière restituée
jusqu’au pôle du territoire.

Et les épis ont couronné
la magnitude du soleil, son énergie:
et de nouveau le camarade a répondu
à la question du camarade.
Et ce chemin qui durement se fourvoyait
avec la vérité redevint le chemin.

(extrait du poème de Pablo Neruda « Mémorial de l’Ile noire »)

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Nouvelle année, bientôt !

La vie est trop courte pour s’y ennuyer ou se croire obliger d’obéir !…

Bonne année 2015 à tous les visiteurs de ce site !

 

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1914 – 1918 Commémoration d’un massacre !

DarkOne – compo Anaïs

 A quoi servent les guerres ?

A satisfaire des ambitions dominatrices de gens qui ne se parlent plus. Alors, face à des problèmes nationaux ou supranationaux, c’est simple, ils délèguent le sale boulot ! Ainsi, des peuples sont sacrifiés et sont massacrés pour un objectif qui n’est pas le leur.

Année 2014 : Partout c’est la commémoration de la guerre 14-18, la « Grande Guerre » comme ils disent, comme si les guerres pouvaient être grandioses….et se jurent, la main sur la couture, de ne plus recommencer….en Europe ! On a tiré les leçons du massacre de ces millions d’innocents, sans compter, ceux qui ont été fusillés pour désertion ou refus de servir ! Eh bien ! non…. 20 ans plus tard, on « remet ça » !

Et, le pli est pris : on ne dialogue plus – même avec les plus fous – les peuples, toujours, sont les otages des marchands de canon, des va-t-en guerre et de ceux qui les financent ! Des armées – publiques ou privées – prolifèrent, combattent, massacrent au nom n’importe qui et de n’importe quoi, bref, on massacre à tout va ! Et, qui se frotte les mains ? Toujours les mêmes….

Pour conclure, provisoirement, voici un extrait d’un dialogue qui a eu lieu entre Blaise Cendrars et le général de Castelnau. Ce dernier semble s’inquiéter de la santé du soldat Cendrars.

Alors, mon brave, cela ne va pas ?

Au contraire, cela va très bien, mon général.   (…)

Hm, hm…alors, c’est la soupe qui n’est pas bonne ?

J’en ai souvent mangé de la meilleure, mon général.   (…)

Tiens, tiens. Tu sais tu peux me parler franchement. Je t’ai dit que j’aimais les Parisiens. Ils ont le mot pour rire. Réponds-moi bien sincèrement : qu’est-ce qui ne va pas ?

La guerre, mon général. 

 in : « La main coupée », Ed Denoël, 2013

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Mauricio Kagel (1931-2008)

«Quand on a compris le mot composer («componere»)… on peut utiliser des matériaux sonores ou non. Vous pouvez composer avec des acteurs, des tasses, des tables, des omnibus et des hautbois; vous pouvez aussi composer des films en fin de compte.» M.K.

Avec un catalogue de près de 200 opus, riche de compositions pour orchestre, voix, piano, formations de chambre, d’œuvres scéniques, de 11 pièces radiophoniques et de 17 films, le compositeur, chef d’orchestre et réalisateur Mauricio Kagel s’est affirmé comme un des artistes capitaux du 20ème siècle.

Mauricio Raul Kagel naît le 24 décembre 1931 à Buenos Aires. À la suite de riches études musicales, il expliquera avec son ironie mordante typique, qu’il s’est formé à la composition en autodidacte, au contact de professeurs aux dons pédagogiques insuffisants.

Parallèlement, il étudiera la philosophie et la littérature auprès d’un professeur, enfin à la hauteur, puisqu’il s’agissait de Jorge Luis Borges ! Il est à la fois, animateur culturel, critique d’art, co-créateur de la Cinémathèque argentine et chef d’orchestre au Théâtre Colon. En 1957, Kagel s’exile en Allemagne où il résidera jusqu’à la fin de sa vie. Il se fait le porte-voix d’une culture, d’une conception de la musique et de la vie étrangères à celles qui sont en honneur dans l’Occident chrétien bien pensant.

Mauricio Kagel était aussi un universaliste tel qu’on en trouvait au 16ème siècle. Véritable «Tour de Babel» qui pouvait se plonger, avec un égal délice, aussi bien dans la correspondance de Brahms, que dans la vie des esquimaux ou dans l’étude de la Kabbale… sceptique par conviction — « impossible de croire si on n’est pas sceptique» — il juge l’humour plus sage que la fidélité aveugle et ne craint pas l’autodérision.

Il meurt le 18 septembre 2008, à Cologne (Allemagne).

L’œuvre, «Eine Brise», est une performance fugitive, crée par Mauricio Kagel en 1996 pour 111 cyclistes. Lors de la « Fête de la Musique », qui s’est déroulée le 21 juin dernier à La Chaux-de-Fonds (Suisse) et en prélude au « Festival Kabaret Kagel », en hommage à ce dernier, près de 80 cyclistes se sont prêtés au jeu, avec humour et enthousiasme ! L’été était bien là et la fête fut belle. Un nombreux public, massé au bord du boulevard Léopold Robert, a soutenu bruyamment les « performeurs ».

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