Ecouter – Collecter – Composer

La première étape consiste d’abord à écouter « avant de tendre un micro, il faut tendre l’oreille » (in : L’écoute du monde, contribution de Cécile Regnault – Cartes postales sonores, Ed. Lucie éditons). Se promener, analyser le paysage sonore, mais aussi pouvoir se trouver sur les bons lieux au bon moment. Tendre l’oreille, c’est se laisser aller aux univers sonores les plus originaux que possibles. Saisir les atmosphères.

Puis, la deuxième étape est la récolte, micro tendu vers les lieux caractéristiques choisis. Lors de la prise de son, un tri est fait, parfois un montage sur papier est nécessaire permettant de faire une analyse « in situ ». Capter la ville offre d’infinies possibilités, le paysage sonore variant constamment, la récolte peut s’avérer très problématique aussi, mais être à l’affût d’une sonorité, d’une atmosphère particulières reste fondamental.

Troisième étape : la composition. La prise de son offrant un choix assez considérable, il s’agit de faire un tri, de mettre en « image sonore » les éléments récoltés, que privilège-t-on ? Difficile question à laquelle il n’y a pas toujours les bonnes réponses. Il faut inventer, « re-composer une carte postale sonore de l’unité auditive paysagère identifiée précédemment en inventant une forme sonore très lisible » (in : C. Regnault « L’écoute du monde »). Et, surtout, il faut la rendre « lisible » au public. Cette « re-composition », passe aujourd’hui, aussi,  par l’ordinateur, devenu un outil incontournable, qui permet de livrer une image sonore, parfois un peu transformée et imaginaire.

Pour plus d’informations : La lecture de l’ouvrage, « L’écoute du monde », édité en 2015 (Lucie Editions, Nîmes) peut s’avérer très utile, car les nombreuses contributions proposent aussi bien l’analyse de l’écoute paysagère que de l’environnement sonore, de l’architecture.

Publié dans Non classé | Commentaires fermés sur Ecouter – Collecter – Composer

Des roses et du pain

Granulator – compo Anaïs

1er mai 2016….et, la paix pour cette planète où les civils sont si mal traités, car…., comme le dit l’extrait de la chanson ci-dessous, interprétée – entre autres – par Yves Montand :

« Tant qu’y aura des militaires,
soit ton fils, soit le mien,
On n’ verra, par tout’ la terre,
Jamais rien de bien !
On te tuera pour te fair’ taire,
Par derrière, comme un chien;
Et tout ça pour rien ! (bis) »

paroles Rosa Holt, musique Henri Goublier, fils (1935)

Belle journée à toutes et tous.

Publié dans Non classé | Commentaires fermés sur Des roses et du pain

Est-ce ainsi que les hommes vivent (L. Aragon)

Petit florilège, non exhaustif, de choses lues et entendues…

«Les cours des fabricants d’armes sont en hausse aux Etats-Unis, comme en France» (Rue89, nov. 2015).

«Les attentats tuent des civils, les guerres aussi». (Monde Diplomatique, déc. 2015)

Entendu sur FR5 : Après 12 ans de torture, d’anciens prisonniers de Guantanamo ont été dispersés au Kazakhstan, leur prison n’a fait que changer de surface.

«Le chômage, en France, entraîne la mort de 15’000 personnes par année. Qui est responsable ? » (La-bàs, si j’y suis, 2015)

….etc, etc, et libre à vous de poursuivre ce florilège !

Bonne visite sur ce site et ne manquez pas la page « Musique », il y a du nouveau : le petit dernier, « Les minimalistes » est une création de novembre 2015.

Publié dans Non classé | Commentaires fermés sur Est-ce ainsi que les hommes vivent (L. Aragon)

Qui est Roland Topor ? (1938 – 1997)

A la fois peintre, illustrateur, cinéaste, acteur, écrivain, réalisateur d’émissions de télévision et de radio. Cela fait beaucoup pour un seul homme. A la radio, il est l’un des protagonistes de l’émission « Des papous dans la tête » de France Culture. A la télévision, il réalise, en 1983, une émission pour enfants, « téléachat ». A titre posthume il a été nommé, le 21 avril 2001, « Satrape » du Collège de Pataphysique. « Satrape » : qui ne se soumet à aucune règle….ce qui devait lui aller comme un gant.

Au cours de sa vie protéiforme, il trouve encore le temps de publier de nombreux romans, des nouvelles, maniant l’humour noir et corrosif, comme l’atteste, entre autres,
ses « Mémoires d’un vieux con » publié en 1975. Cet ouvrage a connu, ensuite, plusieurs rééditions dont la plus récente connue en 2011 (Ed Wombat).

Au cours du week-end de Portes ouvertes d’ateliers d’artistes et d’artisans, à La Chaux-de-Fonds, Ana Göldin en lira quelques extraits au studio-domicile d’Anaïs, le samedi et dimanche 1er novembre.

Publié dans Non classé | Commentaires fermés sur Qui est Roland Topor ? (1938 – 1997)

Mémorial de l’Ile Noire

Pourtant le jour fut courageux:
avec un couteau d’or il ouvrit l’ombre
la discussion entra, elle roula
comme une roue sur la lumière restituée
jusqu’au pôle du territoire.

Et les épis ont couronné
la magnitude du soleil, son énergie:
et de nouveau le camarade a répondu
à la question du camarade.
Et ce chemin qui durement se fourvoyait
avec la vérité redevint le chemin.

(extrait du poème de Pablo Neruda « Mémorial de l’Ile noire »)

Publié dans Non classé | Commentaires fermés sur Mémorial de l’Ile Noire

Nouvelle année, bientôt !

La vie est trop courte pour s’y ennuyer ou se croire obliger d’obéir !…

Bonne année 2015 à tous les visiteurs de ce site !

 

Publié dans Non classé | Commentaires fermés sur Nouvelle année, bientôt !

1914 – 1918 Commémoration d’un massacre !

DarkOne – compo Anaïs

 A quoi servent les guerres ?

A satisfaire des ambitions dominatrices de gens qui ne se parlent plus. Alors, face à des problèmes nationaux ou supranationaux, c’est simple, ils délèguent le sale boulot ! Ainsi, des peuples sont sacrifiés et sont massacrés pour un objectif qui n’est pas le leur.

Année 2014 : Partout c’est la commémoration de la guerre 14-18, la « Grande Guerre » comme ils disent, comme si les guerres pouvaient être grandioses….et se jurent, la main sur la couture, de ne plus recommencer….en Europe ! On a tiré les leçons du massacre de ces millions d’innocents, sans compter, ceux qui ont été fusillés pour désertion ou refus de servir ! Eh bien ! non…. 20 ans plus tard, on « remet ça » !

Et, le pli est pris : on ne dialogue plus – même avec les plus fous – les peuples, toujours, sont les otages des marchands de canon, des va-t-en guerre et de ceux qui les financent ! Des armées – publiques ou privées – prolifèrent, combattent, massacrent au nom n’importe qui et de n’importe quoi, bref, on massacre à tout va ! Et, qui se frotte les mains ? Toujours les mêmes….

Pour conclure, provisoirement, voici un extrait d’un dialogue qui a eu lieu entre Blaise Cendrars et le général de Castelnau. Ce dernier semble s’inquiéter de la santé du soldat Cendrars.

Alors, mon brave, cela ne va pas ?

Au contraire, cela va très bien, mon général.   (…)

Hm, hm…alors, c’est la soupe qui n’est pas bonne ?

J’en ai souvent mangé de la meilleure, mon général.   (…)

Tiens, tiens. Tu sais tu peux me parler franchement. Je t’ai dit que j’aimais les Parisiens. Ils ont le mot pour rire. Réponds-moi bien sincèrement : qu’est-ce qui ne va pas ?

La guerre, mon général. 

 in : « La main coupée », Ed Denoël, 2013

Publié dans Non classé | Commentaires fermés sur 1914 – 1918 Commémoration d’un massacre !

Mauricio Kagel (1931-2008)

«Quand on a compris le mot composer («componere»)… on peut utiliser des matériaux sonores ou non. Vous pouvez composer avec des acteurs, des tasses, des tables, des omnibus et des hautbois; vous pouvez aussi composer des films en fin de compte.» M.K.

Avec un catalogue de près de 200 opus, riche de compositions pour orchestre, voix, piano, formations de chambre, d’œuvres scéniques, de 11 pièces radiophoniques et de 17 films, le compositeur, chef d’orchestre et réalisateur Mauricio Kagel s’est affirmé comme un des artistes capitaux du 20ème siècle.

Mauricio Raul Kagel naît le 24 décembre 1931 à Buenos Aires. À la suite de riches études musicales, il expliquera avec son ironie mordante typique, qu’il s’est formé à la composition en autodidacte, au contact de professeurs aux dons pédagogiques insuffisants.

Parallèlement, il étudiera la philosophie et la littérature auprès d’un professeur, enfin à la hauteur, puisqu’il s’agissait de Jorge Luis Borges ! Il est à la fois, animateur culturel, critique d’art, co-créateur de la Cinémathèque argentine et chef d’orchestre au Théâtre Colon. En 1957, Kagel s’exile en Allemagne où il résidera jusqu’à la fin de sa vie. Il se fait le porte-voix d’une culture, d’une conception de la musique et de la vie étrangères à celles qui sont en honneur dans l’Occident chrétien bien pensant.

Mauricio Kagel était aussi un universaliste tel qu’on en trouvait au 16ème siècle. Véritable «Tour de Babel» qui pouvait se plonger, avec un égal délice, aussi bien dans la correspondance de Brahms, que dans la vie des esquimaux ou dans l’étude de la Kabbale… sceptique par conviction — « impossible de croire si on n’est pas sceptique» — il juge l’humour plus sage que la fidélité aveugle et ne craint pas l’autodérision.

Il meurt le 18 septembre 2008, à Cologne (Allemagne).

L’œuvre, «Eine Brise», est une performance fugitive, crée par Mauricio Kagel en 1996 pour 111 cyclistes. Lors de la « Fête de la Musique », qui s’est déroulée le 21 juin dernier à La Chaux-de-Fonds (Suisse) et en prélude au « Festival Kabaret Kagel », en hommage à ce dernier, près de 80 cyclistes se sont prêtés au jeu, avec humour et enthousiasme ! L’été était bien là et la fête fut belle. Un nombreux public, massé au bord du boulevard Léopold Robert, a soutenu bruyamment les « performeurs ».

Publié dans Non classé | Commentaires fermés sur Mauricio Kagel (1931-2008)

Bruits(s)…des autres !

 

Le bruit nous environne tous les jours, on y prend même plus garde ! Il dérange, mais il peut aussi être beau… Donnons-lui un sens musical et sa perception change. Le « bruit », c’est aussi celui qu’on a dans la tête. On peut l’imaginer, lui donner un sens. D’ailleurs, il y a des «BRUIT(S)» que l’on n’entend pas, ce n’est donc, finalement, pas forcément une question d’amplitude, de fréquence. De plus, chacun choisit le sien ! Une foule, affairée et pressée, qui court vers, on ne sait, quel destin; une coccinelle qui se déplace dans l’herbe, pourquoi pas ? Les bruits font partie de notre existence, la plupart du temps, malgré nous.

Des exemples de « bruits » silencieux, le plus célèbre d’entre eux : « 4’33 » de John Cage…Oeuvre déroutante s’il en est. Un musicien assis à son piano s’apprête à plaquer un accord et s’arrête durant quatre minutes, trente-deux secondes… rien ne se passe, sinon la vision immobile du pianiste. Pourtant, il subsiste un bruit, celui de la salle de concert : frottement au sol, toussotement, murmures, bruit de chaises, un bruit infernal, quoi. Des compositeurs l’intègrent dans leurs œuvres (Varèse, Xennakis, Stockhausen, Pink Floyds…),  apprennent à le « machiner »; des écrivains, des philosophes se penchent, également, sur le phénomène « bruit ». Pour résumer – et provisoirement conclure – citons Victor Hugo : « la musique c’est du bruit qui pense » !

Bruits

 

Publié dans Non classé | Commentaires fermés sur Bruits(s)…des autres !

Song for Nelson

Celui qui s’appelait Madiba – son prénom tribal – Nelson est le prénom que lui donna une institutrice anglaise lorsqu’il était enfant, est décédé le 5 décembre dernier.

Pourquoi parler de Nelson Mandela dans une rubrique consacrée à la musique électroacoustique ? C’est que la musique l’habitait depuis toujours. On disait, parfois de lui, qu’il était le Président dansant. Toute expression artistique ne peut, à mon avis, être dissociée des évènements de ce monde. Nelson Mandela ne fut pas seulement le Président dansant. Sa vie fut un long combat, infatigable, pour la liberté de son peuple, en particulier, mais aussi de tous les peuples qui composent l’Afrique du Sud. Il en paya le prix fort : d’arrestations en séjours de prison, puis l’ultime condamnation à vie de 1964 à 1982 à Robben Island et, dès cette date, près de la ville du Cap. Lors de son procès, en 1964, il rappelait aux juges : j’ai dédié ma vie à la lutte pour le peuple africain, j’ai combattu la domination blanche, j’ai combattu la domination noire (…). (in : journal Le Monde du 7.12.13).

En 1990, date de sa libération définitive, le monde vit, en mondovision, non pas un homme rabougri, usé par les nombreuses années de prison ou terriblement vieilli, mais un homme droit, beau, le poing levé savourant sa victoire et celle de tout un peuple, toutes races confondues ! En 1994, le prisonnier à la matricule No 46664, devint le premier Président noir d’Afrique du Sud. L’abolition de l’inique apartheid n’a pas, comme par miracle, résolu tous les problèmes de ce grand pays. Les défis à relever restent immenses et le chemin encore long pour que la Charte de la Liberté, publiée en 1955, devienne une réalité. Ce texte qui dit : L’Afrique du Sud appartient à tous ceux qui y vivent, aux Blancs comme aux Noirs, et aucun gouvernement n’est justifié à prétendre exercer l’autorité s’il ne la tient de la volonté de tous (in : Une histoire de l’ANC, Ed. L’Harmattan, 1991).

Publié dans Non classé | Commentaires fermés sur Song for Nelson