Au « Mur des Lyonnais » – 2017

Je ne connais point Charles Juliet…..mais son texte, peint adroitement sur le « Mur des Lyonnais  » rue de la Platiere….. à Lyon, nous rappelle qu’en ces temps où tout tend vers le « technique », le « facebook »….tout espoir n’est pas perdu, puisque tavernes, cafés et librairies nous survivront et qu’ils seront toujours fréquentés….du moins, je l’espère. Voici son texte :

« Dans la rue où tu marches avec la crainte d’être pris en faute, à tout instant tu vérifies si la veste et le col de ta chemise sont bien boutonnés, et il t’a fallu un long temps avant que tu oses entrer dans un café, un temps encore plus long avant que tu ne te risques à pousser la porte d’une librairie. »

Bonne année 2018

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La liberté…..

compo : Anaïs

« La liberté n’est qu’un vain fantôme, quand une classe d’hommes peut affamer l’autre impunément.

L’égalité n’est qu’un vain fantôme, quand le riche, par le monopole, exerce le droit de vie ou de mort sur ses semblables.

La république n’est qu’un vain fantôme quand la contre-révolution l’agresse de jour en jour par le prix des denrées, auxquels les trois-quarts des citoyens ne peuvent atteindre sans verser des larmes. »

Jacques Roux : Discours à la Convention du 25 juin 1793

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Un marché bien complaisant !

« Le marché accueille toujours très positivement les coupes dans les effectifs », écrit de manière décomplexée un certain Yann Quelenn, analyste de marché auprès de Swissquote (ça doit être notre CAC 40 ?!). Il s’est exprimé ainsi dans le journal local, « L’Impartial » du 15 février dernier. On croirait volontiers qu’il fait partie de cette génération sans états d’âme !

Il encense ainsi la dictature financière (du CAC 40, de Swissquote et de leurs acolytes) et, pas de doute, ce monsieur rêve d’un monde à la George Orwell. Ce dernier, dans son ouvrage « 1984 » l’affirme : « La guerre, c’est la paix. La liberté, c’est l’esclavage. L’ignorance, c’est la force ». Vision, oh combien prémonitoire ! La guerre, ça rapporte à une poignée de marchands de morts gros, voire très gros….quant à la paix, ça fait ringard. Problème avec la guerre : c’est les peuples qui en prennent plein la figure. L’ignorance, aussi c’est très pratique, on fait dire n’importe quoi, en présentant même les mensonges comme de grandes vérités. Problème, là aussi : il y a des gens qui pensent….et marchent en dehors des clous ! La liberté : à condition de rester dans le rang, la fermer. Les « effectifs » doivent en être convaincus. C’est pour leur bien que le « marché » dégraisse…..pour créer des emplois !!

Allons-nous vers un monde à la G. Orwell, vraiment ? En tout cas, dans son « 1984 », il a imaginé un pouvoir formé de quatre ministères : le ministère de la Paix, qui s’occupe de la guerre, un ministère de la Vérité qui diffuse les informations et les divertissements. Il y a le ministère de l’Amour qui veille au respect de la loi, et le dernier, celui de l’Abondance, est chargé des affaires économiques.

Bonne journée

A lire : George Orwell « 1984 », Ed Gallimard – Folio, 1950

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Que l’année 2017 vous soit bonne !

Sequenza – compo Anaïs

Mais, 2017 c’est aussi les 100 ans de la Révolution d’Octobre ! Et….
Bonne visite sur ce site

 

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Marianne *

Un autre monde (compo Anaïs)

*Marianne :  surnom de la République française, représentée par un buste de femme coiffée d’un bonnet phrygien. Ce surnom apparut pour la première fois en 1792
(in : Larousse)

Marianne, ma sœur
mon égale
libre et fraternelle,
penchée à la fenêtre
de notre tour d’ivoire
ne vois-tu rien venir
sur l’horizon
poudroyant de poussière

Non, je ne regarde pas,
Je ne veux pas savoir

Marianne,
des hommes et des femmes viennent à notre rencontre
Ils ont quitté leurs villes, leurs villages ou leurs terres
décimés par les famines ou par les guerres
Ils ont marché avec obstination
mais leurs enfants sont allongés
sages et bien coiffés
sous un linceul de cendres et de vagues

Non
Ne le soulève pas
Je ne veux pas les voir
Je ne veux pas y croire

Marianne, ma sœur et mon égale
Chassés, ils fuient, et s’ils se battent
c’est pour vivre et aimer
sauver leur peau,
sortir de la nuit et déployer leurs forces
Enfants encore mais si vieux d’avoir tant enduré
Leur parole bafouée, ils doivent supporter
un accueil suspicieux et des tests perfides

Non, non
ne me les montre pas
Je ne veux pas que la honte
jette sur moi son voile

Marianne,
leurs griots les racontent,
leurs poètes chantent leurs sagas
Entends-tu leurs récits ?
Il était une fois un père et une mère
que l’infortune poursuivait
Ils firent venir leurs enfants
et leur parlèrent ainsi
Toi mon fils, mon âme, mon enfant
nos mers sont vides de poissons
nos terres ne donnent plus, asséchées ou muettes
ou sont vandalisées.
Tu partiras de par le vaste monde
offrir ta vie à d’autres que les tiens
élever les murs de villes étrangères
ramasser d’autres fruits, sarcler d’autres terres

Toi, ma fille, la perle de ma vie
ne te retourne pas
ton enfant dort contre mon sein
Va-t’en veiller au-delà de la mer
sur d’autres vieilles que moi
sur des enfants qui ne sont pas le tien
Pour nous, pour nos petits, pour ta désolation

Fuis, mon enfant !
Tu es notre avenir, fuis !
Ailleurs est le nom de ton nouveau pays
Fuis, tant qu’il est encore temps !
Un jour nous serons réunis
si dieu le veut, ici ou là
s’il retrouve nos âmes
au milieu des gravats

Une barque vous attend sur la rive
les tempêtes aussi et la main du passeur
qui réclame son dû
et les gardes des côtes que vous allez atteindre
Quand nous reverrons-nous ?
Nos yeux ne savent pas le lire,
ces pays trop lointains
emplissent nos visions de nuages épais

Marianne,
ils sont tous différents, nulle histoire identique
ils franchirent les collines, les déserts et les mers
Rien, douleurs, épreuves, injustes châtiments
ne leur fut épargné, mort et brutalité
Aucun talisman ne put les protéger.
Notre verre est plein d’un vin amer
C’est pourtant nous qui l’avons fait mûrir

Non
Non, ne me raconte pas
Je ne veux pas comprendre

Sous le fard asséché qui craquelle,
le temps ralentit et se fige
nos gestes s’amenuisent
même respirer est oppressant
Notre tour se fissure et s’ébranle.
Sur nos frontières hérissées
ils butent, et pourtant
ils ont l’espoir et nous sommes l’oubli

Or la mémoire est une sève vive
qui pousse vers le ciel
la volonté farouche d’arbustes de combat
Ils réclament de penser, d’agir et de rêver
sans vivre dans la peur
Sous les murs et sous les barbelés
ils lancent des rhizomes, des treillis de racines
les forêts de demain, forêts de liberté

Mais les forêts, Marianne,
sont lentes à pousser
l’eau manque, et la pensée
et les bras pour construire
Tu te dis libre et fraternelle
Ces mots gisent à nos pieds
Ramasse-les, insuffle-leur la vie
Retrouve ton chemin !

© Aliette Zumthor, Paris

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Ecouter – Collecter – Composer

La première étape consiste d’abord à écouter « avant de tendre un micro, il faut tendre l’oreille » (in : L’écoute du monde, contribution de Cécile Regnault – Cartes postales sonores, Ed. Lucie éditons). Se promener, analyser le paysage sonore, mais aussi pouvoir se trouver sur les bons lieux au bon moment. Tendre l’oreille, c’est se laisser aller aux univers sonores les plus originaux que possibles. Saisir les atmosphères.

Puis, la deuxième étape est la récolte, micro tendu vers les lieux caractéristiques choisis. Lors de la prise de son, un tri est fait, parfois un montage sur papier est nécessaire permettant de faire une analyse « in situ ». Capter la ville offre d’infinies possibilités, le paysage sonore variant constamment, la récolte peut s’avérer très problématique aussi, mais être à l’affût d’une sonorité, d’une atmosphère particulières reste fondamental.

Troisième étape : la composition. La prise de son offrant un choix assez considérable, il s’agit de faire un tri, de mettre en « image sonore » les éléments récoltés, que privilège-t-on ? Difficile question à laquelle il n’y a pas toujours les bonnes réponses. Il faut inventer, « re-composer une carte postale sonore de l’unité auditive paysagère identifiée précédemment en inventant une forme sonore très lisible » (in : C. Regnault « L’écoute du monde »). Et, surtout, il faut la rendre « lisible » au public. Cette « re-composition », passe aujourd’hui, aussi,  par l’ordinateur, devenu un outil incontournable, qui permet de livrer une image sonore, parfois un peu transformée et imaginaire.

Pour plus d’informations : La lecture de l’ouvrage, « L’écoute du monde », édité en 2015 (Lucie Editions, Nîmes) peut s’avérer très utile, car les nombreuses contributions proposent aussi bien l’analyse de l’écoute paysagère que de l’environnement sonore, de l’architecture.

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Des roses et du pain

Granulator – compo Anaïs

1er mai 2016….et, la paix pour cette planète où les civils sont si mal traités, car…., comme le dit l’extrait de la chanson ci-dessous, interprétée – entre autres – par Yves Montand :

« Tant qu’y aura des militaires,
soit ton fils, soit le mien,
On n’ verra, par tout’ la terre,
Jamais rien de bien !
On te tuera pour te fair’ taire,
Par derrière, comme un chien;
Et tout ça pour rien ! (bis) »

paroles Rosa Holt, musique Henri Goublier, fils (1935)

Belle journée à toutes et tous.

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Est-ce ainsi que les hommes vivent (L. Aragon)

Petit florilège, non exhaustif, de choses lues et entendues…

«Les cours des fabricants d’armes sont en hausse aux Etats-Unis, comme en France» (Rue89, nov. 2015).

«Les attentats tuent des civils, les guerres aussi». (Monde Diplomatique, déc. 2015)

Entendu sur FR5 : Après 12 ans de torture, d’anciens prisonniers de Guantanamo ont été dispersés au Kazakhstan, leur prison n’a fait que changer de surface.

«Le chômage, en France, entraîne la mort de 15’000 personnes par année. Qui est responsable ? » (La-bàs, si j’y suis, 2015)

….etc, etc, et libre à vous de poursuivre ce florilège !

Bonne visite sur ce site et ne manquez pas la page « Musique », il y a du nouveau : le petit dernier, « Les minimalistes » est une création de novembre 2015.

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Qui est Roland Topor ? (1938 – 1997)

A la fois peintre, illustrateur, cinéaste, acteur, écrivain, réalisateur d’émissions de télévision et de radio. Cela fait beaucoup pour un seul homme. A la radio, il est l’un des protagonistes de l’émission « Des papous dans la tête » de France Culture. A la télévision, il réalise, en 1983, une émission pour enfants, « téléachat ». A titre posthume il a été nommé, le 21 avril 2001, « Satrape » du Collège de Pataphysique. « Satrape » : qui ne se soumet à aucune règle….ce qui devait lui aller comme un gant.

Au cours de sa vie protéiforme, il trouve encore le temps de publier de nombreux romans, des nouvelles, maniant l’humour noir et corrosif, comme l’atteste, entre autres,
ses « Mémoires d’un vieux con » publié en 1975. Cet ouvrage a connu, ensuite, plusieurs rééditions dont la plus récente connue en 2011 (Ed Wombat).

Au cours du week-end de Portes ouvertes d’ateliers d’artistes et d’artisans, à La Chaux-de-Fonds, Ana Göldin en lira quelques extraits au studio-domicile d’Anaïs, le samedi et dimanche 1er novembre.

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Mémorial de l’Ile Noire

Pourtant le jour fut courageux:
avec un couteau d’or il ouvrit l’ombre
la discussion entra, elle roula
comme une roue sur la lumière restituée
jusqu’au pôle du territoire.

Et les épis ont couronné
la magnitude du soleil, son énergie:
et de nouveau le camarade a répondu
à la question du camarade.
Et ce chemin qui durement se fourvoyait
avec la vérité redevint le chemin.

(extrait du poème de Pablo Neruda « Mémorial de l’Ile noire »)

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